Auteur/autrice : christophe

Vitaminer la place financière valaisanne

Affirmer l’existence de la place financière en Valais peut paraître une gageure, mais avec les
emplois et l’activité économique générée, c’est une réalité dont l’importance doit encore
convaincre nos politiques. Dans ce contexte, établir une approche stratégique pour réconcilier
les objectifs d’un secteur qui est une énergie pour toute l’économie, constitue le défi du
département de l’économie.
Si la prise de conscience s’élargit quant à son importance, les discussions de Sierre ont illustré
le manque d’approche stratégique actuel incapable de répondre aux questions suivantes :

  • Quelles sont les fonctions en matière financière nécessaires à l’industrie valaisanne, alors que les financements de projets agricoles, hôteliers, touristiques, de même que la trésorerie des micro-entreprises ne connaissent pas de solutions ?
  • Quels seront les besoins financiers du futur et comment assurer des structures qui anticipent cette transformation économique ? Quid du financement pour le renouveau des stations, des financements de projets jeunes pousses, des compétences de montages pour des projets touristiques ?
  • Quelles sont les compétences dont la proximité favorise le succès et qui sont à localiser en Valais ?
  • Le Valais veut-il développer des secteurs financiers pour son potentiel d’emploi? Une démarche volontariste du département de l’économie explorerait, outre la piste du forfait fiscal, si important pour la « banque privée », des approches similaires pour les captives d’assurances, ou la localisation des centres d’opérations comme le connaît Vaud avec le Crédit Agricole.

Lors du débat de Sierre, la confusion des rôles et des missions entre les acteurs était patente. Si « la place financière valaisanne » se confondait avec la BCV, la nouvelle réglementation bancaire implique des objectifs répondant à une logique actionnariale pour cette dernière. Malgré cela, les attentes envers la BCV sont toujours celles d’une banque de l’Etat. Clarifier les missions du département de l’économie et de la BCV permettra d’abolir le flou dans les responsabilités sur le développement de la place financière.

La proximité de la banque avec les organes de l’état renforce les ambiguïtés et fausse les arbitrages politiques. Une prise en compte de la place financière per se permettrait une relocalisation des compétences et une extension des prestations au bénéfice de tous. La création des conditions cadres avec parfois des décisions défavorables aux banques au profit du para financier, sera à long terme au bénéfice du Valais, de son économie, et de toutes ses banques, y compris la BCV.

Le Nouvelliste, 13 décembre 2006

Vers une gestion de la dimension fiscale…

Avec l’introduction de l’accord sur la taxation de l’épargne et les projets de centralisation des
back-offices, les exigences multi-réglementaires se sont peu à peu imposées au niveau de la
logistique bancaire. Après quelques déconvenues notoires, les banques ont identifié le coeur du
problème, soit la nécessité d’une gestion de granularités spécifiques à chaque pays pour les
référentiels clients et produits.

Reclasser les produits

Pour la base de donnée clientèle, cela implique l’administration de nouveaux attributs, tels que
le secteur d’activité du client ou les régimes de fiscalité électifs. En outre, la définition du «sujet»
de la gestion devient importante, car si en Suisse le client mandant (sujet contractuel) est le
sujet de gestion de manière univoque, dans certains pays le sujet fiscal devient prépondérant.
Ceci est particulièrement visible dans le cas de comptes joints, où la définition de la politique
d’investissement (profil performance/risque) se fait au niveau du mandant, en l’occurrence la
réunion de plusieurs personnes, alors que les contraintes fiscales et réglementaires sont
définies individuellement pour les membres.

Au niveau de l’univers des produits, l’évolution est un peu semblable, avec l’apparition de
nouveaux véhicules d’investissement spécifiques à chaque pays (Attipici, DCS, Black funds,
etc.). Il est nécessaire d’autre part de reclasser les produits homonymes, posant une
problématique identique à celle que pose la notion d’intérêt dans le cadre de la Directive, soit
des termes recouvrant des réalités différentes pour chaque pays. A titre d’exemple, les produits
à capitaux garantis entrent en Italie dans la catégorie de produits atypiques, respectivement
d’obligations suivant le niveau de la garantie. En Suisse, ils sont gérés comme des produits
structurés.

Avec la Directive de l’UE, les avantages comparatifs de la Suisse s’amenuisent, et l’on peut
légitimement s’attendre à un accroissement des exigences de l’Europe à moyen terme. Dès
lors, quelle gamme de services voulons-nous offrir à nos clients étrange.

Au niveau des banques, on distingue les offres de service suivantes:

  • Gestion patrimoniale classique avec une optimisation risque/ revenu brut. Elle se complète avec la mise en place de coquilles fiduciaires étrangères afin d’éviter la taxation (fondation/trust). Quid du jour où ces structures tomberont sous liste noire ou sous obligation de déclaration?
  • Des véhicules dédiés aux investisseurs étrangers. Ces produits ont divers objectifs: lors de taxations particulièrement défavorables, ils peuvent servir de produits de substitution (les Repos inversés pour l’Italie par rapport à des dépôts en liquidités). Ou ils répondent à des problématiques fiscales spécifiques (solutions pour gérer les stocks options ou les produits de retraite défiscalisés). Cependant, comme ces produits sont vendus indépendamment, ils entrent souvent en collision avec les objectifs de pondération de la gestion discrétionnaire standardisée.

Optimisation intégrée

  • L’optimisation statique (sur la base d’attributs stables des clients et des produits) constitue l’étape décisive en intégrant les aspects fiscaux au niveau du système de gestion. Elle nécessite la prise en compte des régimes fiscaux applicables dans le référentiel client et des contraintes fiscales dans le référentiel produit. L’intégration de contraintes de gestion dynamiques se fait par rapport aux montants, respectivement des ratios de fortune et permet de déterminer les produits fiscalement incompatibles par portefeuille.
  • Le degré ultime au niveau de la gestion proprement dite est la capacité à intégrer, par type de produit, les contraintes liées aux transactions, afin d’optimiser la taxation des plusvalues. Cette problématique est particulièrement importante lors de re-balancings où il s’agit de déterminer les positions fiscalement liquidables en tenant compte de la date d’acquisition et des méthodes d’évaluation.

Les compétences nécessaires pour relever le défi posé par les nouveaux services sont au nombre de trois, soit: l’acquisition de savoir en matière fiscale onshore, la capacité à structurer et intégrer les nouveaux processus et bases de données produits et clients dans un système bancaire originellement conçu pour les besoins suisses, et enfin une gestion de produits bancaires de qualité. Ce dernier aspect couvre la génération et la structuration de produits spécifiques, mais surtout la capacité à gérer les produits en deux niveaux parallèles, au niveau des composants (fiscalement décisif), respectivement au niveau vendu au client.

Actuellement, l’offre de structures fiduciaires fait partie de l’offre standard des banques. Depuis 2001, on assiste à l’éclosion de véhicules d’investissement spécifiques. Toutefois, la dimension fiscale n’est pas encore prise en compte pour tous les produits. Au niveau des systèmes de gestion, certaines banques ont identifié des produits inadéquats pour une clientèle donnée, mais aucune n’a systématisé les contraintes sur ces critères.

Paradoxalement, les banques à la pointe sont celles qui ont adopté une approche produit. Toutefois, elles se heurtent à des problèmes d’intégration et à une gestion de produit insuffisamment structurante. Quant aux banques qui ont acquis de véritables compétences via des centralisations logistiques, elles ont mésestimé l’aspect gestion de produit.

En conclusion, on peut dire que si la banque privée suisse dispose de compétences et de savoir-faire exceptionnels en ce qui concerne la relation clientèle et la gestion d’actif, elle devra maîtriser activement cette nouvelle dimension que sont les exigences spécifiques des pays, sans quoi elle risque d’être otage d’une lutte qui se réglera au niveau politique.

Le Temps, 14 septembre 2005

Des produits fiscaux… en Eurovision

Stratégies pour profiter de niches fiscales ou éviter les taxations confiscatoires.

Pour passer de la banque offshore internationale à la réalité multilocale, deux approches sont possibles: l’intégration des fiscalités au niveau des systèmes, ou la structuration de véhicules d’investissement fiscalement optimisés. La seconde approche, partielle, procède de deux objectifs différents. L’un consiste à profiter de niches fiscales, l’autre à éviter les taxations confiscatoires de certains pays.

Parmi les produits fiscalement privilégiés, la France nous offre les PEA (Plan d’épargne actions). Ces produits ont été créés pour encourager l’épargne salariale. Un écueil: l’avantage fiscal octroyé implique des restrictions d’investissement qui entrent en conflit avec les principes de diversification internationale. En effet, les PEA autorisent uniquement l’investissement en actions françaises et européennes.

Les firmes novatrices en matière de produits s’attachent à contourner ces restrictions. Plusieurs PEA spécialisés sur le Japon et les marchés émergents ont été autorisés cette année. Pour ce faire, les véhicules réalisent des investissements sur des actions européennes, dont ils échangent les cash-flows avec une ligne d’investissement sur le Japon. Le client obtient donc les rendements attrayants d’un marché extérieur, tout en étant possesseur d’actions européennes et de ce fait éligible au statut fiscal privilégié.

Les produits qui évitent les taxations confiscatoires procèdent d’une démarche similaire. Chaque système fiscal contient des mesures incitatives fortes. L’Italie punit les liquidités improductives et non risquées à 27%, l’Allemagne taxe les plus-values spéculatives dans la taxation ordinaire, soit jusqu’à 50%, etc. Techniquement, les solutions impliquent des véhicules d’investissement qui assurent les transformations temporelles ou de la nature de l’investissement, en masquant les mouvements réels sous-jacents. L’utilisation de certificats répliquant une ligne de gestion de 13 mois et un jour exclut celui-ci de la possession spéculative.

Pour l’Italie, il est nécessaire de modifier la nature de l’investissement. L’épargne en liquidités étant fiscalement découragée, on crée des produits dont le fonctionnement opérationnel les exclut de la définition d’un dépôt. Si les dépôts sont taxés fortement, les prêts directs à une entreprise ne le sont que marginalement. Dès lors, l’utilisation de REPOS inversés permet d’échapper à cette taxation.

La même pénalité concerne la structuration des swaps domestiques (Domestic Currency Swap), contrairement à leurs homologues européens. Pour éviter de dépasser la limite des liquidités autorisées, on évite les transferts de liquidités à l’ouverture et à la clôture. Seule la différence nette est inscrite dans les comptes de la banque, réduisant de fait les mouvements de liquidités.

En conclusion, l’univers des produits bancaires dédiés à la gestion des fiscalités évolue très fortement, mais la sensibilité des autorités est à fleur de peau, d’autant que bon nombre de produits sont soumis à acceptation. Contrairement aux produits standards, la spécialisation par marché est très forte et aucune banque ne couvre à des conditions intéressantes l’ensemble des marchés.

Pour les banques qui veulent faire structurer, l’appel à des spécialistes pour faire autoriser les produits ainsi qu’une veille constante des conditions fiscales locales et de la pratique est nécessaire. Pour les investisseurs, une sélection pointue sur les aspects risques, revenus, fiscalité et coûts est nécessaire.

Le Temps. 21 novembre 2005

Salaires des banquiers, une rente menacée?

Ouvrir une discussion sur les coûts de la banque privée équivalait jusqu’à présent à évoquer la taille des back-offices ou de l’informatique. Avec la pression accrue sur les marges, la réflexion s’axe désormais sur le poste principal, les salaires, et notamment sur ceux des banquiers.

Il ressort d’une enquête de l’Institut du travail de Saint-Gall que le secteur bancaire bénéficie d’une prime de 7,9% par rapport à la moyenne nationale des services. Cette prime s’amplifie pour la banque privée, et explose pour les responsables de comptes. Si les rémunérations dans la banque privée ne sont pas choquantes, le manque de corrélation entre la valeur ajoutée par certains employés et leur rétribution peut à la longue poser problème. La persistance d’un lien fort entre les rémunérations et la masse sous gestion ne contribue pas nécessairement à la transparence de la mesure de la performance du gérant ou du responsable de compte. Elle ignore le futur, car peu de banques escomptent dans leurs calculs de rémunérations une fortune vieillissante, alors même que l’espérance de gains diminue avec le transfert intergénérationnel.

Des rentes de situation

Les conséquences des surprimes sont que le retour d’un collaborateur vers le marché du travail s’accompagne d’une telle perte de gain que la crainte de la diminution de revenu génère des effets de bord. La rétention d’informations ou de clients, voire le choix de solutions d’investissement suboptimales mais assurant des zones de compétences exclusives sont autant de phénomènes bien connus des directions de banque. On en arrive parfois à de véritables rentes de situation, où le collaborateur fait payer à la banque le risque potentiel qu’il lui fait encourir (possibilité de débaucher la clientèle, réputation).

Menace de départs

Si la prise de conscience gagne peu à peu les banques, les expériences malheureuses de réorganisation des fonctions de gestion font réfléchir plus d’une direction. Combien de comptes perdus au profit d’autres institutions de la place suite au départ d’équipes entières en réaction à l’introduction d’organisations plus industrielles ou contrôlées? Mais il n’en reste pas moins qu’accepter et pérenniser les modèles actuels de rémunération fragiliserait durablement les banques.

La cause semble entendue pour les gérants seniors. Toute remise en cause de leur modèle entraînera vraisemblablement un risque important. Mais une fenêtre d’opportunité de cinq à dix ans s’ouvre grâce aux départs en retraite: la banque se devra d’assurer la reprise de sa clientèle par ses nouvelles équipes, tout en prévenant la reconduction tacite des modèles de rémunération précédents et en préservant son fonds de commerce des prédateurs…

Vers de nouveaux modèles de rémunération

Un sens de la responsabilité de la place sera probablement nécessaire pour mener à bien cette transition vers de nouveaux modèles de rémunération et d’organisation permettant de mieux associer les banquiers à la valeur qu’ils créent effectivement.

Le Temps. 27 mars 2006

Le monde de la banque suisse analyse ApplePay

Avec son système ApplePay de paiement par mobile sans contact, Apple veut révolutionner l’univers du paiement. Face à cet ambitieux projet, les experts de la banque et de la finance numérique en Suisse analysent les potentiels.

«ApplePay fonctionne avec les meilleures banques, dont cellesqui détiennent 83% des cartes de crédit (aux Etats-Unis)», assure Apple. Si les banques américaines sont déjà embarquées dans le projet, les banques du continent européen et les suisses en particulier ne devraient pas tarder à être contactées par la firme de Cupertino.

Paiements en ligne et paiement dans les commerces

Chez la plus grande des institutions suisses, UBS, Andreas Kubli, responsable multicanal et digitalisation, dit «attendre avec impatience d’avoir plus de détails de la part d’Apple sur la nouvelle solution». Mais d’ores et déjà, il trouve «super qu’Apple introduise la technologie NFC sur ses terminaux mobiles». Du côté d’UBS, un travail a déjà été réalisé dans ce domaine: «Nous avons introduit cette technologie depuis passablement de temps, avec une access card à la fois sûre et pratique dans le cadre de notre offre mobile banking». Cependant, cette possibilité n’était jusqu’alors offerte qu’aux détenteurs d’un smartphone sous Android, l’iPhone n’ayant pas encore adopté la puce NFC.

Si Andreas Kubli trouve le système ApplePay «particulièrement intéressant, notamment en ce qui concerne l’e-commerce, car on sent que c’est un besoin croissant chez nos clients de pouvoir acheter et payer de façon simple et sûre via le téléphone mobile». Pour le commerce en magasins traditionnels par contre, Andreas Kubli est plus prudent: compatibilité des équipements et disponibilité des terminaux de paiement sans contact dans de nombreux commerces pourraient constituer des freins à la diffusion et à l’usage de cette technologie. «Vraisemblablement, cela prendra plus de temps que les paiements online, car nombre de clients ont déjà une solution de paiement sans contact efficace avec les cartes bancaires munies de puces NFC», estime-t-il.

Apple mise sur les communautés

Du côté de SwissmeFin, société de conseils aux banques privées, Christophe Lamon, managing director, trouve cette offre très pertinente car «Apple a misé sur la continuité de son modèle d’affaires à savoir la vente d’appareils qui deviennent également des portefeuilles électroniques. Apple entend réussir en valorisant les communautés et le partenariat: les services à la communauté de clients Apple sont renforcés et leurs données de paiement préservées tout en s’appuyant sur les cartes de crédits existantes; les émetteurs de cartes de crédit conservent le traitement du paiement et bénéficient du transfert de volume, et enfin la communauté des marchands évite la gestion du cash et profite de l’accélération du passage aux caisses. La conversion de ces derniers constitue le facteur clé de succès».

Certes, les banques privées risquent d’être moins impactées que des banques cantonales ou des établissements comme UBS, Credit Suisse, Raiffeisen ou La Poste. Mais la révolution du digital est en marche dans cet univers et ses acteurs observent avec attention ce qui se fait et peut concerner leurs clients: «Tout ce qui va faciliter la vie de nos clients sur le plan opérationnel sera positif», juge ainsi Olivier Collombin, responsable des gérants de fortune indépendants chez Lombard Odier.

Une solution mieux packagée

Pour lui, l’arrivée d’Apple dans le domaine des transactions monétaires ne fait que confirmer son analyse de longue date: «Si les acteurs traditionnels du secteur bancaire n’anticipent pas les évolutions et notamment les demandes des clients, ils laissent le champ libre à d’autres acteurs». Pour lui, la réactivité des banquiers pourrait être plus importante: «Ce n’est pas la première tentative de développer le paiement sans contact par mobile en Suisse, mais sans réel succès majeur et de grande ampleur jusqu’à présent. La différence avec ApplePay c’est qu’Apple, comme la firme l’a déjà fait par le passé pour les smartphones, les tablettes, amène une solution mieux packagée».

Si les banques privées pourraient être moins touchées par cette révolution, d’autres sont en première ligne. Andrey Duka a misé sur le digital pour construire Dukascopy. «L’engagement d’Apple de la nouvelle technologie NFC confirme pleinement nos prévisions comme quoi l’année à venir sera celle de la révolution dans les micro-paiements. Nous sommes absolument sûrs qu’à la suite d’Apple, tous les autres géants du mobile vont annoncer leur engagement dans la voie NFC».

Pour cet entrepreneur qui a bâti son business sur les services financiers et bancaires en ligne, l’initiative d’Apple participe à la stratégie mise sur pied. «Nous saluons les mesures pour le développement de cette technologie, et la diffusion de celui-ci. Techniquement, nous sommes prêts à intégrer la technologie dans nos services dès qu’elle sera largement soutenue par le secteur. Actuellement, Dukascopy Group est engagé dans le processus d’obtention d’une licence eMoney et de paiement en ligne auprès de l’Union européenne, basée sur le paiement de mobile à mobile. En fait, notre solution de paiement eMoney constitue une préparation de notre groupe bancaire à intégrer la technologie NFC. Nous espérons lancer des opérations dans environ trois mois, après obtention de la licence. Sur le plan technologique, nous sommes prêts à lancer des services dans ce domaine».

Un grand nombre d’iPhones en Suisse

Et ce type de services via l’iPhone pourrait avoir un certain succès en Suisse: «La population détentrice d’un iPhone en Suisse est particulièrement élevée», rappelle Laurent Haug, partenaire chez Anthemis, une société qui investit dans les startups financières. Toutefois, il note que les responsables d’Apple ont annoncé lors de la keynote que le déploiement d’ApplePay interviendrait «plus tard en Europe».

Au niveau du système, il voit là une belle opportunité pour les acteurs en place: «Apple doit trouver des accords avec trois types d’acteurs: les sociétés de cartes de crédit, les banques et le commerce. Les banques, et notamment en Suisse, disposent donc dans un premier temps du pouvoir. Mais en proposant une innovation que les banques auraient dû elles-mêmes offrir à leurs clients, Apple va les obliger à payer une commission. Et si ApplePay remporte le succès, le centre de gravité du pouvoir passera progressivement du côté d’Apple dans les années à venir».

Pour ce qui est du support, Laurent Haug voit une solution optimale: «L’intégration du système de paiement sans contact au smartphone peut aider à diffuser ce mode de paiement: les cartes de crédit équipées d’une puce NFC ne permettaient aucune authentification du payeur. Tandis que le smartphone, via la reconnaissance d’empreinte digitale, garantit une sécurité accrue qui va rassurer les utilisateurs et permettre de remonter peut-être les plafonds de paiement sans contact. Le smartphone est vraiment devenu ces dernières années une carte d’identité, une carte de paiement,…».

Dernier point crucial selon lui: les données. Si Tim Cook a promis lors de la keynote que les transactions seraient anonymisées et que même Apple ne saurait ni qui est le vendeur ni qui est l’acheteur, les opérations vont générer des masses de données. «Et techniquement, il est possible de stocker ces données sans qu’Apple les consulte ou les utilise, et les transmettre aux clients eux-mêmes. Ce serait un service très intéressant pour le consommateur que de bénéficier de ces datas. Et n’oublions pas que, comme l’a dit Tim Cook au moment d’introduire U2, iTunes c’est 500 millions d’utilisateurs, donc 500 millions de cartes bancaires enregistrées par Apple. Une gigantesque banque de données».

Matthieu Hoffstetter
Bilan. 10 septembre 2014

SwissmeFin investit dans la recherche appliquée en intelligence artificielle (IA) avec des étudiants de l’Université de Neuchâtel

Mandataire pendant plusieurs années auprès d’instituts financiers sur des sujets relatifs à l’efficience opérationnelle et aux cadres d’application de l’intelligence artificielle (c.f. articles Bilan, Swissquotes, White Paper 2018),  SwissmeFin élargit son éventail en soutenant un groupe de recherche interdisciplinaire de l’université de Neuchâtel focalisé sur le cadre d’utilisation de l’IA dans les ressources humaines.

Nous avons choisi les ressources humaines, car ce domaine est plus que jamais confronté à une digitalisation croissante et les ressources humaines agissent comme vecteur d’adoption et d’accélération de la digitalisation et de l’intelligence artificielle au sein des entreprises.

Genève, le 18.03.2021

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